maitresse à son propre bord

Comme tous les matins, j’ouvre instagram et je regarde les stories plus ou moins fraichement postées.  J’oscille entre petits sourires et petites découvertes. C’est sympa insta et surtout, c’est polyvalent. D’une seconde à l’autre, t’as envie de faire tes valises tout en cuisinant le dernier gâteau sans gluten, sans sucre, sans matière grasse, sans amour, devenir Veggie, rallier la cause zéro déchet, devenir fitgirl,  avoir des abdos, te mettre à la pole dance, assumer  ton cul et devenir body positive,

Oui c’est sympa instagram, aliénation saupoudrée de dédoublement de personnalité. Qui suis-je ? Ou vais-je ? Est-ce qu’on m’aime ?

 

Est-ce qu’on m’aime. Est-ce que tu m’aimes ? Ce cri déchirant vu sur les stories d’une copine fraîchement physiquement séparée, perdue, sans repère et ce cri lancinant et douloureux.  Le « on essaie » qui ne reviendra pas. Le « peut-être un jour » pâle reflet et chimère du deux qui ne fait plus qu’un et un et parfois un de plus.

Et tous les jours je voyais ces petites citations, qui de manière éparse sont si jolies, si légères mais bout à bout, semblables au chant du cygne. Sans espoir. Pas de happy end.

 

Pas de happy end.  Car telle une routière des relations amoureuses foirées, foireuses, ces petites phrases sur fond de paysages lambda me sont allées droit au cœur. De compassion et d’envie de dire « tout ira bien, ne t’en fais pas ». Mais en silence et empreinte de voyeurisme je n’ai rien dit. J’ai lu chaque mot qui faisait pleurer son cœur. S’il y a une chose que j’ai apprise en amour et en amitié c’est que les affaires de cœur sont des affaires personnelles et que les cheminements se font dans chaque intérieur.

Et puis la perche, la citation tournée vers le futur. Perche saisie en plein vol .

Il fallait que je lui dise qu’elle était elle et non elle et lui. Et que sans lui, elle allait se trouver.

Que tout ça, je l’avais vécu et que j’avais enfin compris que ça valait le coup d’être sa propre unité valeureuse.

Miséreuses dépendantes affectueuses que nous sommes.

Il fallait lui dire de redevenir maître à bord.

 

Et dans ce besoin de ne vivre que par et pour nos hommes, nous nous oublions. Centrées sur leurs désirs, leurs bonheurs et leur épanouissement, nous oublions d’écouter nos envies.  Nous vivons dans cette dangereuse illusion qu’être objet d’amour comblera tout cette sollicitude et cette bienveillance que nous n’arrivons pas à nous accorder.  Nos enfants. Nos maris. Nos amants.

Nous essayons de les noyer de notre amour pour espérer recevoir sa sœur jumelle en retour.  Car nous pensons que par notre omniprésence, nous deviendrons un essentiel, un must have de la collection « automne hiver printemps été –pour-la-vie ».

Nous sommes disponibles, nous répondons aux attentes et messages avec une fascinante immédiateté.  Nous ne savons pas nous faire désirer. Nous nous aliénons quitte à abandonner notre essence même, ce qui fait que nous sommes chacune une richesse.

Toute cette mascarade écœurante, étouffante  et dégoulinante qui nous retombe dessus tel le slime que ton mioche a jeté au plafond.

Par peur de se retrouver seule, de n’avoir de valeur que dans le 1+1 = 2, manque d’amour de soi, de confiance en soi et intime conviction de ne pouvoir trouver mieux ou de ne pas être aimable par qui que soit d’autre.

Il est temps de se retrouver , de s’aimer et de vivre égoïstement.

 

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